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Bandido : attrape-le si tu peux !

Alerte évasion ! Bandido tente à nouveau de s’échapper de sa cellule. Dans ce jeu de poche aux allures de western spaghetti, munissez-vous de votre lampe torche pour déjouer son plan. Mais méfiez-vous du bandit ! Car sitôt vous penserez l’avoir bloqué, sitôt vous découvrirez de nouvelles galeries…

Temps de lecture estimé : 11 minutes


Bandido : un jeu pour s’évader en solo ou en coopération

Edité en 2016, Bandido représente à ce jour le record de ventes du studio suisse HELVETIQ. Créé par Martin Nedergaard Andersen (Animouv, Macroscope, Hippo, Tubyrinth) et illustré par Lucas Guidetti Perez (Forest, Roadkill), le jeu a conquis son monde avec quelques 310 000 exemplaires écoulés dans 43 pays. Un incontournable de la collection « Pocket Games », reconnaissable à son boîtage conçu pour être emmené partout.

HELVETIQ germe en 2008 lorsque Hadi Barkat, le fondateur et l’actuel directeur, découvre en préparant un test de naturalisation que ses amis helvètes sont loin d’en savoir autant qu’il le pensait sur leur propre culture. Il créé donc un jeu autour de la Suisse pour apprendre en s’amusant. Le deuxième jeu, Cantuun (2011), provient pour sa part d’une obsession d’enfance : connaître tous les drapeaux cantonaux suisses. Comme il le fait si justement remarquer, « à partir du moment où on a un deuxième jeu, on a une maison d’édition ».

Dans Bandido, le monde se divise en deux catégories. Il y a le bandit qui creuse des tunnels et les joueurs qui piochent des cartes pour les bloquer. D’un côté, un prisonnier réputé qui tente de s’échapper de sa cellule. D’un autre côté, vous qui devez, seul ou en équipe, vous mettre en travers de sa route. L’intérêt de la mécanique réside dans le fait que vos cartes peuvent autant vous permettre de créer des impasses que mettre au jour de nouvelles galeries. Avec des règles qui s’apprennent en quelques minutes, Bandido est assurément un jeu « rapide à jouer mais pas forcément facile à gagner ».

  • Editeur : HELVETIQ
  • Auteur.e.s : Martin Nedergaard Andersen
  • Illustrateur.rice.s : Lucas Guidetti Perez
  • Thème(s) : Western
  • Mécanique(s) : Placement, Connexion
  • Âge conseillé : 6 ans et plus
  • Nombre de joueurs : de 1 à 4
  • Durée d’une partie : 15 minutes
Bandido est un jeu coopératif dans lequel il faut empêcher le bandit de s'échapper.


Description de Bandido

Bandido essaye de s’évader à nouveau !

Dans ce jeu coopératif, tous les joueurs jouent ensemble et posent leurs cartes pour bloquer tous les tunnels et empêcher Bandido de s’échapper de prison.

Le trouver – 9,08 euros chez PHILIBERT (prix de vente conseillé)


Comment joue-t-on à Bandido ?

Mise en place pour 1 à 4 joueurs

Placez la super-carte au milieu d’une grande table. Utilisez au choix le côté facile ou le côté normal en fonction de la difficulté désirée. Ils comptent respectivement compte 5 ou 6 tunnels de sortie.

Mélangez les cartes et formez une pioche. Chaque joueur prend trois cartes en main.

Bandido est un jeu coopératif, vous jouez tous ensemble. Vous avez le droit de communiquer entre vous pour décider de la meilleure marche à suivre. Il est néanmoins interdit de montrer directement les cartes de votre jeu aux autres joueurs ou de les décrire.

Chaque joueur dispose d'une main de trois cartes.


Déroulement d’une partie de Bandido

Le plus jeune commence à jouer.

Il pose une des cartes de sa main à côté d’une carte se trouvant déjà sur la table. Il peut ensuite en piocher une nouvelle. Mais attention ! Les tunnels de chaque carte doivent se connecter parfaitement avec ceux de toutes les cartes qu’elle touche. Veillez donc à ne pas placer une carte qui empêche à jamais de bloquer un tunnel au risque de perdre immédiatement la partie.

Si un joueur ne peut pas établir de connexion à l’aide de l’une de ses cartes, il peut remettre les cartes composant sa main sous la pioche et en reprendre trois.

Jouez ainsi jusqu’à ce que tous les tunnels soient bloqués ou que la pioche soit épuisée.

Le but de Bandido est de bloquer tous les tunnels.


Fin de partie

Si vous avez réussi à bloquer tous les tunnels, vous avez gagné la partie.

Si, en revanche, un tunnel reste ouvert après avoir terminé la pile, Bandido a réussi à s’évader. Vous avez malheureusement perdu.

A télécharger – Règles du jeu complètes (FR) de Bandido


Avis des marmailles

« Je trouve qu[e bandido] est plus facile que Bandida. Et on dirait bien qu’ils sont amoureux ! »


J’aime bien Bandida. Je l’ai à la maison. Bandido, on l’a emprunté à la ludothèque. Je trouve qu’il est plus facile. Et on dirait bien qu’ils sont amoureux !

J’aime bien les personnages et la case prison. Le principe du jeu, c’est de les empêcher de s’échapper en bouchant les tunnels qu’ils creusent. On gagne pas très souvent. Des fois, il ne reste pas trop de tunnels à boucher mais quand on ne peut plus piocher de cartes, c’est perdu.

Bandido, c’est un jeu d’équipe. On n’a pas le droit de montrer ses cartes à son compagnon mais on a le droit de discuter sur la place qu’il doit nous laisser pour jouer notre prochaine carte.
Lise
Rédactrice (6 ans)

« J’aime bien dire [aux autres] que j’ai les bonnes cartes pour relier des chemins ou pour les boucher »


Bandido est un jeu coopératif. Il ne faut pas utiliser n’importe quelle carte sinon on risque de ne jamais boucher tous les chemins.

Quand je joue à Bandido tout seul, je triche en prenant toutes les cartes pour gagner. Quand on révèle toutes, tout de suite, on peut prendre juste celles qui nous intéressent le plus.

Mais après tout seul, je m’ennuie ! Je préfère jouer avec d’autres gens. J’aime bien leur dire que j’ai les bonnes cartes pour relier des chemins ou pour les boucher.
Ulysse
Rédacteur (8 ans)


Une histoire de rencontre à re(bandit)ssements

L’histoire de Bandido est aussi atypique que la création de la maison d’édition HELVETIQ. Alors qu’il vit à Copenhague, Hadi Barkat entend parler, par l’un de ses amis, d’un parent d’élève « qui pass[e] ses journées à inventer des jeux ». Intrigué, il prend contact avec l’individu, lequel se révèle être Martin Nedergaard Andersen lui-même. L’auteur accepte de le recevoir à son domicile et lui présente pas moins d’une trentaine de ses créations.

Dans le lot, un jeu retient plus particulièrement l’attention d’Hadi, un prototype alors intitulé « Gator Gutter ». Il le décrit encore aujourd’hui comme « un véritable coup de cœur » qui, grâce à son aspect intuitif et la simplicité de sa mécanique, reste « le seul jeu [que HELVETIQ ait] signé directement après l’avoir découvert ».

La suite, le fondateur du studio suisse la raconte de la manière suivante : « Ce qui est marrant, c’est que j’ai gardé le jeu pendant un an dans mon sac avant que nous décidions du thème et commencions à l’illustrer avec notre graphiste Lucas Guidetti Perez. Si j’avais su que le jeu allait rencontrer un tel succès, j’aurais travaillé sur son développement beaucoup plus rapidement ! » Gator Gutter deviendra ainsi Bandido, mais également le début d’une collaboration entre HELVETIQ et Martin Nedegaard Andersen de laquelle naîtront d’autres jeux tels Hippo, TopSpin, Roadkill ou encore Colorfox.

Bandido est la réadaptation d'un ancien jeu : Gator Gutter.


Des stratégies pour voir le bout des tunnels

Le principal piège tendu par Bandido consiste à se laisser aller à développer de nombreux tunnels qui partent en tout sens. A bien y regarder, les joueurs passent généralement par plusieurs phases avant de parvenir à concevoir une stratégie adaptée à la mécanique du jeu. Dans un premier temps, nous avons tendance à relier de manière hasardeuse les tunnels en attendant de piocher des cartes impasse. Avec un ratio de plus ou moins une carte sur trois, cette stratégie peut fonctionner si ces cartes sont tirées en nombre dès le début de la partie. Mais, le plus souvent, nous développons plus de tunnels que nous avons de cartes impasse en main.

Une autre stratégie dans Bandido, en quelque sorte la suite logique de la première, consiste à entrecroiser les tunnels de sorte que nous réalisions des quadrillages de différentes tailles. Les différents types de cartes suggèrent en effet des connexions naturelles. Les cartes présentant un tunnel en forme de « U » sont, par exemple, efficaces pour relier – et boucher par la même occasion – deux galeries parallèles. D’autres formant un tunnel coudés sont tout aussi efficaces pour relier des galeries espacées et perpendiculaires. On limite ainsi le nombre de cartes impasse nécessaire pour boucher tous les tunnels.



Le point d’interrogation entourant Bandido concerne la règle de coopération. Si les joueurs sont autorisés à communiquer autour de la meilleure marche à suivre, la manière par laquelle ils sont autorisés à le faire semble mal dégrossie. Dans la version prototype, les joueurs avaient seulement le droit de pointer vers le tunnel qu’ils souhaitaient compléter. La règle actuelle indique qu’ils peuvent communiquer mais qu’ils ne peuvent ni montrer leurs cartes, ni les décrire. Il aurait été intéressant d’interdire totalement aux joueurs de communiquer sur leurs intentions quitte à rogner sur l’aspect coopératif. Une bonne manière d’éviter un entre-deux qui soulève des interprétations de règles inutiles. Car à quoi bon cacher ses cartes si le joueur est capable d’indiquer aux autres à quels emplacements il compte les jouer ?


Bandido : verrez-vous le bout du tunnel ?

Bandido est un jeu de placement et de connexion simple et accessible. Derrière une apparence de western cartoonesque, Bandido cache cependant une difficulté réelle. PMWD (Wilson Jeux), distributeur en France, avait annoncé la couleur lors de la présentation du prototype pour Tric Trac (Bandido, de l’explipartie ! – 03/06/2016) : « C’est un jeu coopératif qui est un peu difficile […] difficile dans le sens où, en fait, on gagne une fois sur deux alors qu’en général, dans les jeux coopératifs, on gagne très souvent ».

Le bandit sait effectivement jouer avec vos émotions. Lorsque vous vous croirez tout proche de boucher le dernier tunnel, il est fréquent que vos cartes en main vous forceront à ajouter de nouvelles galeries qui compliqueront votre tâche. En solitaire ou à plusieurs, Bandido se laissera de plus en plus facilement attrapé à mesure que les joueurs manieront les combinaisons des différents formes de tunnels. Bref, une mécanique suffisamment équilibrée pour générer cette frustration qui donne envie de remettre le couvert.

Depuis 2020, une nouvelle prisonnière est arrivée est ville : Bandida. Loin d’être une déclinaison au féminin, cette version reprend les principes originaux de Bandido en y mêlant des objets spéciaux, des évènements de jeu ou encore une variante « Bonnie & Clyde ». Associez les cartes des deux jeux et tentez de réunir les deux amoureux. Une réédition « experte » intéressante dans son idée mais pas nécessairement convaincante dans son contenu.


La carte spéciale de départ, indispensable pour la mise en place du jeu.


Bandido est une bonne manière de découvrir les jeux imaginés et créés par Martin Nedegaard Andersen. L’auteur a, en effet, pris l’habitude de nous gratifier de créations aux mécaniques épurées mais surprenamment efficaces, comme si partant d’une idée de jeu, il veillait à la réduire à sa plus simple expression. Prenez le temps de découvrir ses autres créations en commençant par Animouv.

Lire aussi – Animouv : la nature se met en ligne


L'Esprit Marmaille

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