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King of Tokyo : dis-moi quel monstre tu es…

Après Magic The Gathering, Richard Garfield signe son grand retour avec King of Tokyo. Une réinterprétation libre du Yams dans laquelle vous incarnez un monstre géant et distribuez des baffes à volonté. Un petit coup de cœur dont l’ambition est de réunir autant les joueurs occasionnels que confirmés dans une ambiance légère et décalée.

Temps de lecture estimé : 14 minutes


King of Tokyo : un jeu d’ambiance et de baffes’ton

Edité en 2011, King of Tokyo restera dans l’histoire comme le premier jeu édité par IELLO. Le résultat d’une collaboration inattendue avec Richard Garfield, l’auteur du mondialement célèbre jeu de cartes fantastiques Magic The Gathering. IELLO confiera le travail d’illustration à Benjamin Raynal pour la première édition. Grâce au succès commercial du jeu, une seconde édition voit le jour en 2016 sous la direction artistique d’Igor Polouchine. Ce n’est plus un illustrateur mais tout un collectif – dont Régis Torres – qui a la charge de donner au jeu son identité visuelle.

A la lecture des nombreux avis de joueurs, la promesse est grande. Les nombreux prix et nominations en attestent : finaliste du Lys Grand Public 2011, nominé à l’As d’Or Jeu de l’année 2012, vainqueur du Ludoteco Ideale (2012), du Guldbrikken et du Nederlandse Spellenprijs Best Family Game 2013, etc. La liste ne s’arrête pas là mais ces quelques exemples donnent déjà quelques indications.

King of Tokyo appartient à la famille des jeux d’ambiance. Richard Garfield apprécie en effet les party game et souhaitait créer un jeu à la fois amusant et crédible pour les joueurs confirmés. La mécanique s’inspire directement d’un classique, le Yams, que l’auteur trouve « élégant » mais manquant d’interactions. Pour pallier ce manque, la solution de l’auteur consiste à la fois à créer une structure façon « roi de la colline » et d’y adjoindre un univers léger et décalé.

  • Editeur : IELLO
  • Auteur.e.s : Richard Garfield
  • Illustrateur.rice.s : Régis Torres (édition 2016)
  • Thème(s) : Monstres
  • Mécanique(s) : Combinaisons, Collection
  • Âge conseillé : 8 ans et plus
  • Nombre de joueurs : de 2 à 6
  • Durée d’une partie : 30 minutes
Le matériel de King of Tokyo présente de magnifiques illustrations.


Description de King of Tokyo

Dans la réédition de King of Tokyo, deux nouveaux monstres font leur apparition. Le légendaire Space Pingouin et le terrible chat robotique Cyber Kitty viennent rejoindre Gigazaur, The King, Alienoïd et Meca Dragon qui ont tous eu droit à un relooking.

Richard Garfield nous offre toujours un jeu fou pour 2 à 6 joueurs dans lequel vous allez incarner des monstres mutants, des robots gigantesques et d’autres créatures monstrueuses qui vont se battre dans une atmosphère joyeuse et dans l’unique but de devenir le seul et unique roi de Tokyo.

Le trouver – 35,00 euros chez PHILIBERT (prix de vente conseillé)


Comment joue-t-on à King of Tokyo ?

But du jeu

Tactique, chance et audace seront vos meilleurs atouts pour conquérir le titre de King of Tokyo.

Vos exploits destructeurs vous apportent gloire et honneur sous forme de Points de Victoire. Le premier joueur qui en obtient 20 remporte la partie.

Si vous vous sentez plutôt d’humeur bagarreuse, vous pouvez tenter d’éliminer tous vos adversaires. Le dernier survivant sera déclaré vainqueur !


Mise en place pour 2 à 6 joueurs

Choisissez un monstre puis prenez la figurine et la fiche correspondante. Placez les roues de cette dernière sur 10 Points de Vie et 0 Point de Victoire.

Placez maintenant le plateau Tokyo au centre de la table, de manière à ce qu’il soit accessible à tous les joueurs.

Mélangez toutes les cartes Énergie pour constituer une pioche. Disposez les trois premières cartes de la pioche, face visible, à côté du plateau Tokyo. Disposez également les jetons à côté ainsi qu’une banque de cubes d’Énergie.

Une mise en place pour devenir le King de Tokyo City.


Déroulement d’une partie de King of Tokyo

King of Tokyo se joue dans le sens des aiguilles d’une montre. Un tour se compose de 5 phases :

  1. Lancez les dés noirs.

A chaque tour, vous avez droit à un maximum de trois Lancers et vous pouvez vous arrêter à tout moment. Lors de votre premier Lancer, lancez les six dés noirs. Pour les Lancers suivants, choisissez les dés que vous souhaitez relancer et mettez les autres de côté.

  1. Résolvez les dés.

Les symboles obtenus à la fin de votre dernier Lancer de dés représentent vos actions du tour :

– Pour chaque triplé obtenu avec des 1, des 2 ou des 3, gagnez autant de points de victoire que le chiffre du triplé. Chaque dé équivalent obtenu en plus des trois premiers vous fait gagner 1 supplémentaire.

– Récupérez 1 cube d’Énergie pour chaque symbole éclair obtenu et placez-le dans votre réserve.

– Faites perdre 1 Point de Vie pour chaque symbole baffe obtenu à tous les Monstres qui ne sont pas dans le même lieu que vous. Si un Monstre perd son dernier Point de Vie, il est éliminé.

– Dans le cas où vous ne seriez pas dans Tokyo, regagnez 1 Point de Vie pour chaque symbole cœur obtenu.

  1. Entrez dans Tokyo.

S’il n’y a personne dans Tokyo, vous devez en prendre le contrôle et placer votre figurine Monstre sur Tokyo City. Vous ne pouvez quitter Tokyo que lorsque vous recevez au moins une Baffe par un autre Monstre.


The King rentre dans Tokyo City.


  1. Achetez des cartes Energie.

Vous avez la possibilité d’acheter une ou plusieurs cartes Énergie parmi les trois posées face visible. Pour cela, dépensez autant de cubes d’Énergie que le prix indiqué sur chacune des cartes.

  1. Finissez votre tour.

Certains effets de carte Énergie s’activent à la fin du tour. Une fois ceux-ci résolus, c’est la fin de votre tour !


Les joueurs sont KO dès qu'ils n'ont plus points de vie.


Fin de partie

La partie s’arrête à la fin du tour si un Monstre a atteint 20 Points de Victoire ou s’il ne reste qu’un Monstre en jeu. Il gagne la partie et est sacré King of Tokyo.

A télécharger – Règles du jeu complètes (FR) de King of Tokyo


Avis de marmailles

« J’adore les chats roses avec des longues griffes et des cornes super pointues. »


A King of Tokyo, le monstre que je préfère le plus, c’est Cyber Kitty parce que j’adore les chats roses avec des longues griffes et des cornes super pointues.

J’ai fait quelques parties mais je n’ai jamais gagné. Je ne sais pas pourquoi !

J’aime bien acheter des cartes pour devenir plus forte et parfois, je reste dans Tokyo. Deux, trois tours pour gagner un peu d’étoiles (points de victoire) mais seulement quand j’ai beaucoup de cœurs.

J’aime bien King of Tokyo mais ce n’est pas mon jeu préféré. J’aime moyen les jeux de bataille où il faut faire un peu tout le temps la même chose. Et personne n’aime prendre des baffes !
Lise
Rédactrice (6 ans)

« En vrai, maman ne veut pas que je joue à la bagarre avec mes copains mais là… »


King of Tokyo est le jeu de bataille que je connais le plus. J’adore ce jeu parce que j’aime jouer à la bagarre avec les autres. En vrai, maman ne veut pas que j’y joue avec mes copains mais là, j’ai le droit de mettre des baffes. Ce n’est pas moi, ce sont les monstres qui les mettent aux adversaires !

A la fin du tour de papa, si je suis dans Tokyo, je décide toujours de sortir. Dans Tokyo, on ne peut pas regagner des cœurs et je ne veux pas en perdre trop. Sinon, papa me met KO.

J’ai gagner plusieurs fois contre mon père. Soit en le mettant KO, soit en gagnant 20 points. Des fois, j’ai commencé la partie avec plusieurs cubes d’énergie d’avance – pour acheter des cartes – mais ça compte quand même !

A chaque fois, je gagnais avec Meca Dragon. J’ai changé depuis qu’on joue parce qu’au début, c’était Space Pengouin mon préféré.
Ulysse
Rédacteur (8 ans)


Histoire de King of Tokyo : le premier jeu de IELLO

L’histoire de King of Tokyo est inséparable de l’évolution de IELLO. La société, co-fondée en 2004 par Cédric Barbé et Patrice Boulet, était initialement spécialisée dans la vente par correspondance de cartes à collectionner. Ce n’est qu’à partir de 2008 qu’elle se diversifie pour devenir coéditrice de jeux de société. Elle réalise principalement la traduction et l’adaptation de jeux étrangers.

En 2009, Cédric Barbé tente un coup de poker et contacte Richard Garfield pour lui proposer une collaboration. Il souhaite lui présenter une idée de mécanique : un jeu intitulé Shinobi et inspiré du manga Naruto. En guise de réponse, Richard Garfield préfère leur indiquer qu’il dispose d’un jeu qui pourrait leur plaire.

En janvier 2010, Cédric Barbé et Patrice Boulet reçoivent donc un prototype fait maison. Les illustrations sont réalisées avec des images tout droit sorties des années 90 et collées sur de vieilles cartes Magic. Le duo l’emporte à Cannes et le teste. Ils l’adorent et décident finalement de l’éditer, faisant de King of Tokyo le premier titre du catalogue de IELLO.


Des combats de monstres géants dans un univers décalé

King of Tokyo se donne en premier lieu comme une ambiance entre Pacific Rim et Skull Island. Des Kaiju tout droit sortis de mondes perdus ou de films en papier mâché s’affrontent à grands coups de baffes. Les amateurs de cosplay apprécieront certainement l’aspect décalé et léger des illustrations. Aussi les noms évocateurs des monstres géants à la personnalité sympathique. Les joueurs s’identifieront au choix à Space Pingouin, Cyber Kitty, Gigazaur, The King, Alienoïd ou encore Meca Dragon. Tokyo a été choisie comme décor parce que la ville correspond le plus, dans l’imaginaire et la symbolique des joueurs, au lieu de leurs affrontements.


Les premières lignes graphiques de King of Tokyo par Igor Polouchine.


Dans une interview pour le magazine White Flag (N° 10), Benjamin Raynal, l’illustrateur de la première édition de King of Tokyo, précise ce qui a guidé la direction artistique : « Au niveau du graphisme, j’ai vite proposé un style qui a convenu à IELLO ; comme j’avais pu tester le jeu avant de me mettre au boulot, j’ai bien senti l’esprit de King of Tokyo. Et le style comics-manga dynamique et comique m’était apparu comme le plus approprié au jeu. Il fallait du punch ! De l’agressivité (c’est quand même des monstres qui se tapent dessus) et un coté second degré pour coller au coté ludique. »


Quand le Yahtzee rencontre Le Roi de la colline

La conception de King of Tokyo a pour point de départ une réflexion autour du Yahtzee, aussi connu comme le Yams. Intéressé par les réflexions d’un ami, Richard Garfield se lance à son tour dans l’analyse de ce classique. Il apprécie sa mécanique parce que, selon lui, « un excellent sens du jeu vous donne de meilleures chances, mais un joueur occasionnel peut [aussi] gagner ». A l’inverse, il regrette l’impression que produit le jeu, que chacun joue dans son coin. Il se demande donc comment en conserver le principe tout en rendant le jeu plus interactif.

Dans une interview pour Diagonal Move (03/2021), Richard Garfield présente quelle fut son amorce d’une solution pour améliorer l’expérience ludique. Il indique : « l’interactivité dans les jeux est quelque chose de délicat. […] Cela ne me dérange pas d’affecter directement un autre joueur, mais je ne veux pas avoir à choisir lequel, ou alors pas souvent. La voie la plus simple pour résoudre ce problème est encore de rendre l’interaction indirecte. »

Plus exactement, la solution consiste à créer une structure de jeu à la manière du « Roi de la colline ». Autrement dit, avantager les joueurs qui occupent une position particulière. Dans King of Tokyo, on sait que l’une des clés de la victoire est l’occupation de Tokyo City ou Tokyo Bay. Mais cela ne va évidemment pas sans présenter quelques inconvénients : « être sur la colline est récompensé, mais comporte un risque dans la mesure où vous devenez une cible » pour les autres joueurs.

Meka Dragon remporte la partie avec ses 20 Points de Victoire.


Conclusion : un jeu pour joueurs occasionnels ET confirmés

King of Tokyo est un jeu plaisant qu’on aime sortir à l’heure de l’apéro en guise de défouloir. Il n’échappe cependant pas à quelques critiques. En premier lieu, elles concernent la dynamique de la partie en fonction du nombre de joueurs. Les parties à 2 consistent essentiellement à occuper Tokyo tandis qu’à 5 ou 6, elles trainent en longueur. La mécanique révèle davantage d’équilibre et de potentiel d’interactions lors de parties à 3 ou 4 joueurs.

De même, dans King of Tokyo, on regrette le peu d’attrait des combinaisons de 3dés1 et 3dés2. En effet, la faible probabilité de réaliser un triplé pour un gain de points si limité invite à privilégier d’autres stratégies. Notamment celle qui consiste à accumuler des cubes d’Énergie afin d’acheter de puissantes cartes de pouvoir. Attention toutefois à ne pas confondre King of Tokyo avec un jeu de deckbuilding.

La critique la plus fréquente concerne la trop grande part de hasard liée aux Lancers de dés. Cette critique, Richard Garfield l’accepte et en justifie même les raisons profondes : « J’affectionne tout particulièrement les jeux demandant à la fois beaucoup de maîtrise et de chance – comme le poker – dans lesquels le joueur peut vraiment développer un talent tout en ayant la possibilité de partager une partie avec des joueurs plus occasionnels sans être certain de l’emporter. […] Dans les deux cas, j’ai en tête que les joueurs puissent simplement s’asseoir et jouer, mais je souhaite aussi que les décisions qu’ils prennent au cours de la partie soient telles que les joueurs qui veulent pousser leur réflexion y trouvent suffisamment de profondeur. »


Les 6 monstres géants de King of Tokyo.


King of Tokyo est un jeu qu’il faut prendre pour ce qu’il est, avec légèreté. Il s’agit d’un jeu d’ambiance, autrement dit, le contraire d’un jeu pour une soirée kubenbois. Pour notre part, nous avons pris un certain plaisir à découvrir comment celui-ci s’inspire d’un classique – le Yams – et lui donne une direction nouvelle, à l’image de ce que Cédrick Chaboussit avait réalisé avec un autre de nos coups de cœur : Tea for 2.

Lire aussi – Tea for 2 : une bataille aux accents modernes


L'Esprit Marmaille

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