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Similo (Contes) : il était une fois un jeu coopératif


Il était une fois une petite boîte de jeu nommée Similo sortie lors d’un apéro entre amis. Une de nos marmailles en fera son coup de cœur. On vous explique pourquoi et un peu plus.

Temps de lecture estimé : 11 minutes


Similo Contes : un jeu de déduction coopératif

Similo est une création originale de HORRIBLE GUILD, un éditeur de jeu de société italien. Fondé en 2014 par Lorenzo Silva, on lui doit notamment Alone, Potion Explosion, Railroad Ink, Dragon Castle ou encore Dungeon Fighter.

  • Editeur : HORRIBLE GUILD
  • Auteur.e.s : Hjalmar Hach, Pierluca Zizzi & Martino Chiacchiera
  • Illustrateur.rice.s : Naïade
  • Thème(s) : Contes
  • Mécanique(s) : Coopération, Déduction
  • Âge conseillé : 7 ans et plus
  • Nombre de joueurs : 2 à 8
  • Durée d’une partie : 10 minutes
Similo Contes est un jeu de déduction coopératif.


Description de Similo

Chaque version de Similo se compose d’un jeu de 30 cartes magnifiquement illustrées par Naïade, représentant le portrait et le nom d’une série de personnages avec un thème commun : Contes, Animaux, Mythologie grecque and bien d’autres !

Vous pouvez aussi mélanger et assortir différentes versions en utilisant un jeu pour les personnages et un autres pour les indices… Devinerez-vous quel animal partage quelque chose en commun avec Hermès, Artémis ou Apollon ?

Le trouver – 12,90 euros chez PHILIBERT (prix de vente conseillé)


Comment joue-t-on à Similo Contes ?

Similo est présenté comme un jeu de déduction coopératif : « les joueurs cherchent à identifier le personnage secret à l’aide d’une série d’indices« . En somme, un narrateur cherche à faire deviner aux autres joueurs l’identité d’un personnage secret fondu au milieu d’une grille de 3 x 4 cartes personnage placées devant eux.


Dans Similo, vos indices doivent aider à trouver le personnage secret !


Chaque manche se décompose en deux phases de jeu. Dans un premier temps, le narrateur tire de sa main une carte indice. Il la pose verticalement ou horizontalement selon qu’il souhaite suggérer quelques ressemblances ou différences entre le personnage indice et le personnage secret.

Dans un second temps, les autres joueurs devront donc se concerter afin de déterminer quelle(s) carte(s) retourner. Le but est que la seule carte restée face visible au terme de la dernière manche corresponde au personnage secret.

Si lors d’une quelconque manche, les autres joueurs retournent malencontreusement la carte du personnage secret, la partie s’arrête immédiatement. L’ensemble des joueurs ont alors perdu.

A télécharger – Règles du jeu complètes (FR) de Similo Contes


Avis des marmailles

« C’est surtout les dessins qui m’intéressent. »


Moi, j’aime bien Similo mais j’en ai marre parce qu’Ulysse demande toujours à jouer.

C’est surtout les dessins qui m’intéressent. Par rapport aux autres (ndlr, les Disney), je les trouve « égalité ».

J’aime bien aussi les couleurs. Aussi parce qu’il y a des personnages comme Alice au pays des merveilles, Blanche-Neige, le Petit Chaperon rouge, Dorothée, la Petite Sirène et Cendrillon.
Lise
Rédactrice (5 ans)

« Ce que j’adore, c’est faire deviner. »


Quand les autres joueurs ne comprennent pas, ça me met horreur de moi (ndlr, hors de moi) parce que du coup, ils font n’importe quoi. Ils pensent que c’est autre chose alors que c’est « ça« .

Ce que j’adore, c’est faire deviner. C’est vrai que c’est un peu plus dur de deviner mais je comprends toujours que Papa met le Capitaine Crochet lorsqu’il y a deux hommes pour éliminer le méchant.

Les cartes sont trop réussies. Ca m’a donné envie de regarder Le Magicien d’Oz.
Ulysse
Rédacteur (7 ans)


Le thème des Contes revu par Naïade

Similo se décline actuellement en six thèmes : Contes, Histoire, Mythes, Animaux, Animaux sauvages et Monstres. Si Contes et Animaux sont les plus accessibles pour les enfants, rien n’indique que d’autres thèmes ne seront pas édités à l’avenir. La mécanique de Similo permet en effet de transposer le jeu en une infinité de thèmes sans en être affectée.

Les illustrations Contes signées Naïade apparaissent particulièrement abouties. Elles parviennent avec subtilité, malgré une imagerie surdéterminée, à nous proposer une identité visuelle départie de Disney. On soulignera le travail sur les couleurs et quelques partis pris très intéressants, le plus visible étant le rajeunissement des héroïnes.

Pour les plus avertis, il est possible de s’amuser à dénicher quelques facéties de l’illustrateur. On citera la fée marraine de Cendrillon qui ressemble curieusement à Marraine la fée (Fairy Godmother) de Shrek 2. La reine de cœur emprunte davantage à Helena Bonham Carter, muse de Tim Burton, qu’au modèle animé de 1951. Blanche-Neige est orientalisée et semble inspirée d’une ancienne illustration de Naïade représentant Kiki la petite sorcière. Le chat botté renvoie à la posture d’un Jean Marais incarnant la Bête dans le film de Cocteau.

Les illustrations de Naïade renouvellent le thème des Contes.


Une mécanique déductive…

Il n’est pas rare que les premières parties de Similo se révèlent hasardeuses. A l’inverse, en les enchaînant, on se surprendrait à reprocher cette fois au jeu son faible niveau de difficulté.

Comme indiqué précédemment, Similo est un jeu de déduction coopératif. A chaque tour, le narrateur pose une carte indice afin de permettre aux autres joueurs d’éliminer certaines cartes personnage ou, à l’inverse, renforcer leur intuition concernant le personnage secret. Il doit pour cela estimer quelle caractéristique serait la plus évidente pour permettre aux autres joueurs d’éliminer des paquets de cartes. Laquelle leur permettrait d’isoler un trait particulier du personnage secret.

Il existe diverses stratégies pour remporter une partie de Similo. La plus fluide est à mon sens la plus dépendante de la main du narrateur. On choisit lors des premières manches des cartes majoritairement dissemblables en fonction du nombre de personnages à éliminer. Par exemple, lors de la première manche, quelle carte indice écarterait une et une seule carte ? C’est une option favorisant des éliminations ciblées et l’optimisation de chaque carte indice.


…et coopérative (ou plutôt complice !)

On peut désormais s’amuser à tenter une expérience. Utiliser une carte de manière inédite en suggérant une caractéristique éloignée des usages que nous en faisions. Cela revient également à l’utiliser comme si c’était la première fois. Rapidement, on remarquera que les autres joueurs peuvent être désarçonnés. C’est d’ailleurs dans ces moments que les enfants rompent le silence et s’exclame au narrateur : « mais qu’est-ce qu’il veut dire ? ».

Ce qui s’étoffe au fil des parties, c’est la manière dont vous allez privilégier avec les autres joueurs certaines caractéristiques plutôt que d’autres pour chacun des personnages. Les enchainements aussi de cartes que vous répéterez parce qu’ils auront montré leur efficacité.


A chaque tour, on se rapproche du personnage secret.


Car, si au commencement vous faites essentiellement des paquets à la manière d’un Qui Est-Ce ?, au fil des parties vous développerez votre faculté à repérer ces enchaînements. Et comme au poker, vous finirez par lire la ligne des cartes indices comme une histoire, comme si chacune était une mise pour vous amenez à agir d’une certaine manière. Vous deviendrez progressivement réactifs à ces schémas narratifs, vous obligeant à la longue à ne pas regarder simplement la dernière carte posée mais l’ensemble des cartes comme une suite signifiante.

Et c’est bien là la marque des jeux coopératifs efficaces ; ils vous amènent à développer des façons de jouer communes sans même que vous y preniez garde. Le défaut à cela est que l’une des limites à la rejouabilité de Similo serait de trop bien se connaitre.


La rejouabilité en question

Il semble que la rejouabilité soit l’élément le plus cité dans les avis négatifs.

Si on considère qu’une partie excède rarement dix minutes, on comprend qu’il devient facile de les enchainer frénétiquement. La principale cause de défaite semble être une mauvaise main qui ne permet pas au narrateur de bonnes suggestions. Mais, si ce que nous disions plus haut s’avère exact, ces cas de figures tendent à se réduire avec le temps. Quoiqu’il en soit, l’argument que Similo manquerait d’une réelle difficulté apte à constituer un défi à relever pour les joueurs s’entend tout à fait.

D’autres considèrent que le nombre limité de cartes (30) amène à en faire rapidement le tour. Pour un prix de vente conseillé de 12 euros, il est aussi entendable que certains puissent exprimer dans leur avis négatifs sur Similo : « ça fait cher le jeu de cartes« .

Nous confirmons que lors de parties rapprochées, nous avons été amenés à repiocher les mêmes personnages secrets que ceux que nous devions faire deviner lors de la parties précédentes. Parfois même lors de deux parties consécutives. Pour contrer cette possibilité, nous nous sommes créé une règle additionnelle et mettons systématiquement de côté le dernier personnage secret.

Pour étendre la rejouabilité, GIGAMIC conseille de jouer à plusieurs paquets. Si rien n’interdit de mélanger les différentes versions de Similo, l’éditeur invite plutôt à se servir d’un thème pour déterminer un personnage mystère et d’un autre thème en guise de main d’indices.

HORRIBLE GUILD propose en vente en ligne deux extensions (uniquement disponible en langue anglaise) pour les versions Histoire et Contes. Vendues 2,90 euros chacune, on regrettera qu’elles ne se composent que d’un lot de deux cartes représentant respectivement Bessie Coleman / Frederick Douglass et Roi Arthur / Robin des bois.


Similo or not Similo ?

En tant que parent, ce que j’ai particulièrement aimé avec Similo, ce sont les questionnements et discussions qu’il a initié avec les enfants alors que nous marchions en forêt. Quel méchant est le plus méchant ? Puis, sommes-nous méchants si nous faisons du mal sans cruauté ? Plus tard, nous traiterons du cas de la sorcière des mers (La Petite Sirène) : est-on vraiment méchant à prendre l’âme d’êtres qui seraient eux-mêmes prêts à la vendre en échange de ce qu’ils désirent le plus ?

Similo nous accompagne en voyage ou en guise de party game avec des joueurs occasionnels. Son atout majeur est de susciter ou de relancer le goût pour les jeux de devinettes. Et pour cette raison nous en faisons l’un de nos coups de cœur.

Il est possible de mélanger les decks de cartes Similo pour plus de parties.

Vous n’êtes pas encore convaincus ? Imprimez et testez la version spéciale parue dans le magazine italien ioGioco. Vous préféreriez un autre format de jeu ? Des alternatives existent. On citera par exemple Dixit, One key, ou encore Mysterium. Pour une version enfant d’un jeu de déduction coopératif, vous pouvez tout aussi bien opter pour Concept Kids Animaux ou la série des Unlock! Kids.

A télécharger – Similo (Version spéciale – ioGioco n°13) (IT)


L'Esprit Marmaille

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