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Tulum : on dit stop ou encore ?

Edité par DJECO en 2018, Tulum a fait une discrète apparition sur les étagères des distributeurs. Manque de reconnaissance ? Manque de visibilité ? Archéologie d’un jeu pourtant prometteur.

Temps de lecture estimé : 12 minutes


Tulum en quelques blocs

L’auteur de Tulum est Hartmut Kommerell que certains connaissent peut-être pour Dice Trip. Les illustrations sont à mettre au compte de Cecilia Botta qui a notamment illustré la Classic Box de DJECO.

  • Editeur : DJECO
  • Auteur.e.s : Hartmut Kommerell
  • Illustrateur.rice.s : Cecilia Botta
  • Thème(s) : Mayas
  • Mécanique(s) : Stop ou encore, Placement
  • Âge conseillé : 5 ans et plus
  • Nombre de joueurs : 2 à 4
  • Durée d’une partie : 15 minutes
  • Prix de vente conseillé : 24 euros


Contexte de non achat

Pour jouer la carte de la transparence, nous n’avons pas acheté Tulum. Les deux rédacteurs en herbe de L’Esprit Marmaille ont en effet la chance d’avoir une maman qui tient elle aussi un blog – L’école en famille : c’est l’histoire de la vie – dans lequel elle relate leur quotidien en instruction en famille.

C’est donc dans le cadre d’un partenariat avec DJECO que celle-ci a pu recevoir quelques jeux de la marque. Tulum nous avait particulièrement intrigué par rapport à sa mécanique de stop ou encore que nous n’avions pas encore eu l’occasion d’expérimenter.


Déroulement d’une partie de Tulum

Le but du jeu est simple : « être le 1er à terminer sa pyramide » en formant des rangées de blocs de différentes couleurs.

Pour commencer, chaque joueur choisit une planche et la place devant lui. Les blocs sont pour leur part disposés au centre de la table.

Lors de son tour, un joueur lance les six dés. Chaque face représente la couleur associée à l’un des étages de la pyramide. Cependant, pour poser un bloc sur sa planche, il faut obtenir que la face couleur d’au moins un des dés lancés réponde à l’une des deux conditions suivantes.

Un bloc ne peut se poser que si, d’une part, il reste un emplacement libre sur la ligne inférieure ou, à défaut, s’il est en mesure de reposer sur deux blocs d’un étage inférieur. Si aucune des faces couleurs obtenues ne respecte l’une de ces deux conditions, alors le tour de jeu s’arrête et la main passe au joueur suivant.


Si le joueur est en capacité de poser au moins un bloc, il a ensuite le choix entre deux alternatives. Soit il décide de relancer les dés non utilisés, soit il décide à l’inverse de s’arrêter afin de sécuriser les blocs posés sur sa planche. Dans ce dernier cas, il retourne les blocs récupérés pour les faire apparaître non plus face point blanc mais face unie.

En revanche, s’ils relancent les dés et ne peuvent poser aucun bloc, ils perdent alors tous les blocs posés lors de ce tour.


Avis des marmailles

Le Mexique, c’est mon pays préféré !

J’ai jamais de chance quand je joue à Tulum. C’est pour ça que je ne gagne pas beaucoup.

Quand je joue, je préfère prendre le personnage en robe violette et dorée. Les fleurs sont plus belles sur sa planche.

Le Mexique c’est mon pays préféré. Je ne sais pas pourquoi mais c’est mon pays préféré ! J’aimerai aussi voir de vraies pyramides un jour. Celles d’Egypte d’abord !
Lise
Rédactrice (5 ans)

Si c’était des vraies pyramides qu’on construisait, ça prendrait des années !

Je n’aime pas trop ce jeu parce que c’est parfois long de faire sa pyramide. Peut-être que ça pourra changer.

Les tours de Tulum sont comme les pyramides d’Egypte, sauf que les pyramides d’Egypte ne sont pas en briques. Si c’était des vraies pyramides qu’on construisait, ça prendrait des années.

Celui qui a finit sa tour en premier à gagner. Il faut bien jouer mais aussi de la chance. Au premier coup, quand il ne peut pas jouer, le joueur passe son tour.
Ulysse
Rédacteur (8 ans)


Incas ou Mayas ?

Les avis sur Tulum sont peu nombreux mais certains mentionnent que son thème serait les Incas, d’autres affirment au contraire que ce serait les Mayas. On peut de bonne foi tenter de couper l’herbe sous le pied à ce débat. En effet, le titre du jeu renvoie au site archéologique de Tulum, ancienne cité maya au Mexique. On notera également qu’il est possible de trouver d’anciennes boîtes de jeu portant le nom non pas de Tulum mais de Tikal. Il s’agit d’une autre cité maya mais située cette fois au Guatemala. Le thème est par conséquent, vous l’aurez compris, les Mayas plutôt que les Incas.

Nous ne connaissons pas les raisons précises de ce changement de nom mais un rapprochement est possible. Tikal est également le titre d’un jeu de plateau édité par Ravensburger en 1999 et réédité il y a peu en 2016 par Super Meeple. Ce changement était peut-être motivé par le souci de ne pas créer de confusion avec un titre déjà pris.



Les illustrations de Tulum sont l’œuvre de Cecilia Botta, laquelle effectue une première incursion dans l’univers ludique. Le résultat ne représente que l’une des facettes du style touche-à-tout de l’illustratrice italienne. En bref, les visages sont ronds, les yeux pointilleux et l’ensemble efficace, un doodling faussement naïf. Les planches pyramides sont elles aussi soignées et constituent un matériel qu’on prend plaisir à sortir de sa boîte et à manipuler.

Notons toutefois que le travail de Cecilia Botta sur Tulum doit probablement être appréhendé comme l’une des parts d’un ensemble plus vaste. En effet, l’illustratrice a collaborer avec DJECO pour Tulum mais aussi sur la Classic Box, laquelle regroupe une vingtaine de jeux traditionnels. Lorsqu’on s’attarde en particulier sur ces derniers, on remarque que le visuel est le même. Cela donne ainsi à penser que Tulum est comme un complément à la Classic Box. Ou encore que les deux ont fait l’objet d’une commande commune.

Tulum ne s’est pas faite en un tour

En définitive, Tulum constitue une bonne initiation à la mécanique du stop ou encore. La présentation du jeu la résume assez bien : « Pour être le premier à terminer sa pyramide il faudra faire preuve d’audace (…) mais pas trop car à vouloir construire trop vite on risque de tout perdre ».

La mécanique de Tulum combine à la fois stratégie et prise de risque. Sauf que nous ne sommes pas égaux face à la prise de risque. Certains viseront toujours le maximum de profit quitte à tout perdre tandis que d’autres préfèreront jouer la sécurité par aversion des pertes potentielles. Cette mécanique fonctionne en quelque sorte comme un révélateur de personnalité.

Mais, au final, demandons-nous : qu’est-ce qui justifie une prise de risque ? L’avancement des autres joueurs pour commencer. Si, en début de partie, chacun peut se fixer sur sa planche, à l’inverse, en fin de partie nos coups sont pour l’essentiel dictés par les autres joueurs : « J’ai de l’avance (…) je peux prendre mon temps. Je suis derrière (…) s’il rate, je tente le tout pour le tout ».

Nous n’irions pas jusqu’à dire que Tulum initie aux probabilités mais il est intéressant de constater que les enfants peuvent intuitionner quelques stratégies intéressantes. Par exemple, qu’il est intéressant de ne pas compléter trop vite les rangées inférieures dans le but de conserver un maximum d’options pour les tours suivants.


Peut-on aller plus loin ?

Nous partageons une critique lue fréquemment au sujet de Tulum : le choix des couleurs de blocs n’est pas optimal. En effet, certains blocs ne se différencient pas de manière nette et, si cela n’empêche aucunement de jouer, cet inconfort relatif aurait certainement pu être évité.

Tulum est un jeu équilibré qui repose sur un principe simple mais sans surprise. On apprécie sortir la boîte de temps à autres pour enchainer quelques parties. On regrette à l’inverse l’absence de variante ou d’extension pour renouveler l’expérience ludique.


Liens utiles

Tulum : Règles du jeu

Cecilia Botta :


L'Esprit Marmaille

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