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Wonderzoo : une saison au zoo avec DJECO

Sous les apparences d’un thème simple et accrocheur, Wonderzoo constitue une proposition éloignée des standards de DJECO. Il n’en demeure pas moins un jeu modulable s’adressant tout autant aux petits architectes qu’aux adultes plus exigeants.

Temps de lecture estimé : 11 minutes


Wonderzoo en bref

Edité en 2018, Wonderzoo concoure à l’élargissement de l’offre de DJECO. Avec un livret traduit en dix langues, la marque au gecko affichait d’ailleurs une certaine ambition. Toutefois, force est de constater que même des jeux prometteurs peuvent peiner à se faire un nom.

Wonderzoo est une création de Florian Fay illustrée par Sébastien Chebret. Le premier nous a gratifié d’autres inspirations telles que Sheep Hop !, Misty, Mesozooic, Apocalypse Chaos, Arriala, Greenville 1989 ou encore Kart sur Glace.

Le second a de son côté plusieurs fois collaboré avec DJECO autour notamment de Batanimo ou dernièrement, Tapikekoi.

  • Editeur : DJECO
  • Auteur.e.s : Florian Fay
  • Illustrateur.rice.s : Sébastien Chebret
  • Thème(s) : Animaux, Zoo
  • Mécanique(s) : Placement, Draft
  • Âge conseillé : 7 ans et plus
  • Nombre de joueurs : de 2 à 4
  • Durée d’une partie : 20 minutes
  • Prix de vente conseillé : 25 euros


Contexte d’une visite au zoo

Wonderzoo c’est d’abord un cadeau d’anniversaire pour les six ans de l’un de nos rédacteurs en herbe. Une drôle de tribulation d’ailleurs parce que le vendeur tentera à plusieurs reprises de nous dissuader d’acheter le jeu par rapport à l’âge conseillé.

Wonderzoo c’est ensuite un jeu avec pour but la construction d’un parc animalier. Les mots nous manquent encore aujourd’hui pour décrire à quel point la passion des animaux animait l’enfant qu’il était.

Enfin, il représente une bonne initiation aux jeux de placement de tuiles et d’ouvriers. L’aspect « Tétris » de Wonderzoo a d’ailleurs assez bien fonctionné. Car, à l’inverse, lorsque nous proposerons aux enfants de s’essayer à Polyssimo Challenge, le côté abstrait et minimaliste de ce dernier ne suscitera pas autant d’enthousiasme.


Déroulement d’une partie de Wonderzoo

But du jeu

Le livret de règles indique que le but est « créer le plus beau zoo avec le plus de visiteurs autour de ses animaux ». Concrètement, il faut donc construire son parc en plaçant des tuiles enclos autour d’une allée qui elle-même se forme au fil des tours. Ainsi les visiteurs positionnés sur cette allée de manière adjacente peuvent admirer les animaux et rapporter plus ou moins de points.


Mise en place d’une partie pour 2

En tout premier lieu, les joueurs prennent un plateau et le placent devant eux du côté de la difficulté choisie. Les rectos représentent en effet de vastes prairies tandis que sur les versos sont repartis quelques obstacles.

Les joueurs prennent ensuite « une tuile entrée » matérialisée par une quadromino de 4 cases en ligne dont sur laquelle on aperçoit une cabane. Cette tuile doit nécessairement avoir au moins un côté adjacent avec le bord du plateau.

On pioche enfin dans le sac bleu autant de tuiles qu’il y a de joueurs plus une ; elles sont posées au centre de la table.

Le plus jeune joueur reçoit le pion en forme de bus. Le premier tour démarre alors et se poursuivra dans le sens des aiguilles d’une montre.


Déroulement d’une partie de Wonderzoo

Chaque joueur effectue à tour de rôle les actions suivantes :

Premièrement, il choisit une des tuiles parmi celles piochées en début de tour.

Il la place ensuite sur son plateau suivant certaines règles de pose. Une tuile peut être posée dans n’importe quel sens mais uniquement sur des cases vides et sans déborder du plateau. Pareillement, si le joueur choisit une face avec des obstacles, il ne peut positionner sa tuile sur l’un d’entre eux. Notons également qu’une tuile « chemin » doit nécessairement être posée contre une autre tuile « chemin ».

Enfin, il effectue – s’il le souhaite – l’action associée à la tuile choisie. Celle-ci consiste soit en la pioche d’un à deux visiteurs, soit dans la possibilité de déplacer un ou plusieurs d’entre eux, ou bien encore l’une de ses tuiles « enclos », soit dans la récupération du pion bus. Dans ce dernier cas, le bus ne passera pas au joueur de gauche à la fin du tour.


Fin de partie

Dès qu’un joueur ne peut plus placer de tuile sur son plateau, la partie s’arrête pour lui. Les autres joueurs poursuivent jusqu’à ce qu’à leur tour, il ne puissent plus eux aussi placer de tuiles. La partie s’arrête alors et on compte les points.

Chaque meeple visiteur placé de manière adjacente à un enclos rapporte un point. Si ce visiteur est placé de manière adjacente à deux enclos, il rapporte donc deux points et ainsi de suite.

En mode expert, un visiteur placé à côté d’un enclos comportant ses animaux préférés apporte deux points au lieu d’un. Autrement dit, s’il est adjacent à deux enclos comportant ses animaux préférés, il rapporte quatre points.

Le joueur qui obtient le plus de point remporte la partie.


Avis des marmailles

Tu ne veux pas plutôt qu’on écrive un article sur le cadeau que j’ai eu à Pâques !

Mais papa, je n’ai jamais joué à Wonderzoo ou je ne m’en souviens pas. Je ne sais pas si j’y jouerai un jour, je n’ai pas encore réfléchi.

Tu ne veux pas plutôt qu’on écrive un article sur le cadeau que j’ai eu à Pâques !
Lise
Rédactrice (5 ans)

Quand c’est possible, je construis un zoo le plus possible « savane ».

J’ai pu détester Wonderzoo parce qu’on perd souvent même si je sais qu’on ne peut jamais tout le temps gagner (« sauf si on triche » dit ma sœur).

Lorsque les joueurs ne peuvent plus placer de quadrominos, on calcule les points avec les visiteurs qui regardent les enclos d’animaux. Quand c’est possible, je construis un zoo le plus possible « savane ».

Mon animal préféré dans Wonderzoo, c’est le lion. Par contre, il n’y a pas le rouge-gorge qui est celui que je préfère juste après. L’animal que je préfère le moins est le crocodile parce que j’ai horreur des reptiles.
Ulysse
Rédacteur (8 ans)


Je thème, moi non plus

Dans la capsule Wonderzoo, de le papotache!, Florian Fay raconte la génèse du jeu et dans quelle mesure celui-ci a emprunté différents thèmes avant de se fixer sur le parc animalier.

L’un des premiers prototypes qui évoluera jusqu’à devenir Wonderzoo propose déjà une mécanique similaire. En revanche, les illustrations représentent différents éléments pour « arranger une table de magie » tels que des livres ; « on s’envoyait [aussi] des crasses, c’était des chauves-souris ». Néanmoins, si la mécanique semble fonctionner lors de la phase de test, « le thème n’accrochait pas ».



Florian Fay procédera donc à des étapes successives de simplification jusqu’à aboutir au thème du zoo. En effet, ce thème correspond davantage à un souci d’efficacité parce qu’il se projette plus facilement dans l’imaginaire des enfants.


Un Wonderzoo en cache un autre

Bien qu’il se présente sous des traits enfantins, quelques parties suffisent pour se convaincre que Wonderzoo peut tout aussi bien satisfaire un public adulte. Le mode expert donne en effet davantage d’épaisseur à la mécanique de placement de visiteurs. Car ceux-ci, s’ils sont placés de manière adjacente à leurs enclos préférés rapportent non plus un point mais deux. Cette règle experte complexifie donc autant le choix de leurs emplacements que l’agencement des différents types d’enclos.

Cet aspect réversible de Wonderzoo s’illustre également à travers un choix éditorial en apparence anodin : des plateaux imprimés sur leurs deux faces. Il suffira cette fois de retourner sa planche pour observer quelques obstacles disséminés ça et là, lesquels accroissent significativement la difficulté du jeu. Ils ouvrent en outre la possibilité de jouer des parties disputées entre joueurs de niveaux inégaux. Par exemple, des parties opposant enfants et parents.

A l’inverse, certains considèrent que Wonderzoo ne favorise pas suffisamment les interactions de sorte que chaque joueur jouerait en quelque sorte dans son coin. Ce serait néanmoins omettre que le choix des tuiles s’effectue à partir d’un pot commun. Le jeu se fait effectivement taquin à la manière d’un Kingdomino si on considère qu’il est toujours possible de choisir un quadromino non tant pour améliorer son zoo que pour bloquer un autre joueur.


Pour aller dans le même sens

Dans le « Papotache », Florian Fay souligne à juste titre que, lors des premières étapes du développement de Wonderzoo, des jeux tels que Patchwork n’existaient pas encore. Le succès de ce dernier comme d’un Gagne ton papa a créer un véritable appel d’air pour d’autres jeux basés sur le placement de polyominos.

Depuis, de nombreux jeux ont su profiter de cet attrait afin de renouveler une mécanique qui ne s’affirme plus seulement de manière abstraite. Les citer tous serait trop long mais on évoquera par exemple Scarabya, L’Île des Chats, Paris : Ville Lumière, Cartographers, My City ou encore la trilogie d’Uwe Rosenberg composée de Cottage Garden, Indian Summer et Spring Meadow.

Pour notre plus grand plaisir, certains d’entre eux sont accessibles sur la plateforme Board Game Arena.


Liens utiles

Florian Fay :

Sébastien Chebret :

Guillaume Winzenschtark, Wonderzoo, de le papotache ! (Tric Trac – 24/08/2018)



L'Esprit Marmaille

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